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A COTE DU MUSEE

 

Au fil du temps, plusieurs formations de l’Arme se sont succédé dans la ville de Fréjus. Ainsi, à proximité du musée des Troupes de Marine, des monuments au nom évocateur pour les Marsouins et Bigors témoignent du passage des Coloniaux. Présentation de quelques-uns d’entre eux…

 

L’ARMEE A FREJUS

 

Le centre de transition et de repos pour les troupes coloniales fut créé en 1915, il constituait un vaste ensemble baptisé Camps du Sud-Est, destiné à accueillir les soldats indigènes venus combattre en France : Indochinois, Malgaches et Africains. Ce centre a été organisé par Galliéni, Fréjusien d’adoption vivant au château de La Gabelle entre deux campagnes aux colonies. Cette vocation perdura jusqu’à l’indépendance des Etats africains en 1960.
La dernière promotion d’officiers africains et malgaches de l’Ecole de Formation des Officiers Ressortissants des Territoires d’Outre-Mer (EFORTOM) quitta Fréjus en 1965. Les Camps du Sud-Est assurèrent également la formation des soldats métropolitains, depuis le centre d’instruction pré-coloniale pour les engagés partant en Indochine jusqu’au 4ème RIMa destiné aux appelés volontaires pour servir outre-mer. Le 21ème RIMa s’implanta à Fréjus en août 1980.
Chaque année depuis 1986 se tient à Fréjus, les 31 août et 1er septembre, le rassemblement des Troupes de Marine qui commémorent la bataille de Bazeilles. Les deux villes de Fréjus et Bazeilles, jumelées en 1990, sont les deux pôles de la mémoire des TdM. La crypte du musée garde une urne contenant des reliques provenant de Bazeilles.

 

ANCIENNE BASE AERONAVALE

 

La base aéronavale fut créée en 1912. D’une superficie de 45 hectares à l’origine, elle fut agrandie en 1923 et 1931 pour atteindre plus de 150 hectares. Le centre d’aviation de Fréjus Saint-Raphaël connut un développement important au cours de la Grande Guerre et resta fidèle à sa vocation initiale, la formation du personnel, pilotes et spécialistes, ainsi que la mise au point des aéronefs et des matériels nouveaux. Créée en 1916 et vouée à l’expérimentation, la commission d’études pratiques aéronautiques reprit ses travaux en 1946 après une interruption due à la guerre et devint centre d’expérimentations de l’aéronautique navale en 1977. Outre le cours préparatoire de l’aéronautique navale et l’école de maistrance aéro, la base accueillit également en 1989 le centre d’entraînement à la survie et au sauvetage, doté d’un bassin d’instruction de 1500 mètres cubes. La base fut dissoute en 1995, ce qui entraîna alors l’abandon de l’activité aérienne civile. Les terrains furent répartis entre le conservatoire du littoral et la ville. De 1912 à 1995, 110 personnels servant à la base sont morts en service aérien commandé.
Edifice majeur de la base, le hangar à double auvent, mis en service en 1935, est dû à Albert CAQUOT, ingénieur qui réalisa de nombreux ouvrages dans les travaux publics et le bâtiment. Officier de l’aéronautique et inventeur en 1916 d’un ballon cylindrique à stabilisateur arrière, il fut directeur général technique du ministère de l’air. Spécialiste des ponts, ses travaux permirent la réalisation de l’usine marémotrice de la Rance.

 

MONUMENT A L’ARMEE NOIRE DE FREJUS PLAGE

MONUMENT A L’ARMEE NOIRE DE FREJUS PLAGE
 
Le premier mémorial en l’honneur des soldats de l’Armée Noire, enrôlés en 1914-1918, fut érigé à Bamako en 1942. Une réplique du monument, placée à Reims, fut détruite par les Allemands en 1940. En 1994, à l’occasion du cinquantenaire du débarquement de Provence, François Léotard, ministre de la Défense et maire de Fréjus, inaugure le nouveau monument « aux héros de l’Armée Noire » à Fréjus-plage. Œuvre du sculpteur Yvon Guidez fondue à Gliwice en Pologne, ce monument représente un lieutenant porte-drapeau, entouré de tirailleurs montant la garde auprès de l’emblème.

 

CAMP LE COCQ

 

L’occupation de ce terrain militaire est pratiquement ininterrompue depuis la Grande Guerre. Appelé initialement Camp de la Lègue, il fut baptisé après la seconde guerre mondiale du nom d’un officier mort pour la France en Indochine en mars 1945. Ayant servi au Soudan et en Mauritanie, le colonel Le Cocq était surnommé le Grand Méhariste. Compagnon de la Libération, Le Cocq fut inhumé au cimetière Alphonse Karr à Saint-Raphaël. Au Camp Le Cocq stationne désormais le 21ème RIMa, dernière unité militaire de la Garnison, d’un effectif de mille hommes environ.

 

MOSQUEE SOUDANAISE ET PAGODE INDOCHINOISE

Missiri construit par les tirailleurs sénégalais Pagode bâtie par les tirailleurs indochinois,
 
Les tirailleurs venus d’Afrique ont construit au camp de Caïs un Missiri (terme de la langue Bambara signifiant mosquée) inspiré de la mosquée soudanaise de Djenné, ville de la moyenne vallée du Niger dans l’actuel Mali, anciennement Soudan français. L’initiative en reviendrait au capitaine Abd-el-kader Mademba, appuyé par le colonel Lame, alors commandant d’armes. Plus qu’un lieu de culte (la majorité des tirailleurs étant alors animistes et non pas musulmans), il s’agissait avant tout de construire un bâtiment qui représente un élément de fierté pour les tirailleurs sénégalais, comparable à la pagode bâtie par les tirailleurs indochinois, et qui permette de créér une ambiance propre à guérir le « mal du pays ». L’édifice, commencé en 1928, a été achevé en 1930, et son environnement, une pinède de pins parasols, a été agrémenté de très réalistes cases africaines et de deux termitières plus vraies que nature. Entièrement bâti en béton armé, le Missiri est recouvert d’un enduit rouge pour s’accorder aux tons des terres locales alors que la mosquée de Djenné est, elle, constituée de briques de pisé à dominante ocre brun. La mosquée soudanaise a été inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en juin 1987.
 

La pagode Hông Hiên Tu est un lieu de culte bouddhique édifié sous l'impulsion du Capitaine Delayen et du Colonel Lame. Elle était à l'origine située au sein du camp Gallieni. Sa construction débute en 1917 avec une main d'œuvre fournie par les tirailleurs indochinois présents sur Fréjus avant leur déploiement au front. Elle fut inaugurée par les autorités municipales le6 avril 1919. À la fin de la première guerre mondiale, lorsque les troupes coloniales se retirent, la pagode, faute d'entretien, tombe en ruine. Délaissée pendant la seconde guerre mondiale, elle est sauvée de l'abandon par des réfugiés vietnamiens en 1954. Ceux qui se fixent à Fréjus voulurent reprendre le culte bouddhique. Il existait à l'origine un cimetière : les ossements furent transférés entre 1965 et 1967 à la Nécropole Nationale de LUYNE. En 1967, une association voit le jour et fait tout son possible pour rénover la pagode. Les rénovations de 1972 ont agrémenté le jardin d'un statuaire zoologique (dragons, éléphants et chevaux) ainsi que bouddhique avec quatre scènes de vie de Bouddha. Laïcs et religieux viennent pratiquer et fêter les événements bouddhistes vietnamiens comme la fête du Têt (Nouvel an) ou l'anniversaire de Bouddha le 6 mai de chaque année. Elle reste aujourd'hui un lieu de tradition pour les Troupes de Marine.

 

MONUMENT DE L’INTENDANCE

 

La catastrophe de Malpasset se produisit dans la soirée du 2 décembre 1959 alors qu’une partie des officiers de la garnison était réunie pour célébrer l’anniversaire de la bataille d’Austerlitz, fête des Saint-Cyriens. La diffusion de l’alerte fut donc particulièrement rapide et les troupes de la garnison se mobilisèrent sans délai pour participer aux opérations de sauvetage. La plaque apposée à La Palud, dans l’ancien quartier de l’intendance, rappelle la mémoire des militaires français et africains et des membres de leurs familles, victimes de la catastrophe.

 

ANCIEN POSTE DE COMMANDEMENT DU CAMP DE CAÏS

ANCIEN POSTE DE COMMANDEMENT DU CAMP DE CAÏS
 
Il ne reste plus rien du camp de Caïs, à l’exception du bâtiment qui hébergea le poste de commandement du camp. Construit par les Indochinois, ce bâtiment est daté de 1918. Autrefois orné de fresques d’inspiration orientale, il comportait également des portes en bois sculpté avec des motifs indochinois. En 1948, le camp fut rebaptisé camp Robert, du nom du colonel qui, capturé par traîtrise par les Japonais le 9 mars 1945, fut décapité pour avoir refusé de signer la capitulation de la citadelle de Langson.

 

PORTAIL DE L’HÔPITAL JEAN-LOUIS

PORTAIL DE L’HÔPITAL JEAN-LOUIS

Pendant la grande guerre, quatre hôpitaux militaires furent ouverts dans les camps de Fréjus pour soigner les tirailleurs : l’un dans l’ancien Grand Séminaire, deux autres au Cournillier, le quatrième sur le chemin du Bonfin. Seul ce dernier fut maintenu en fonctionnement jusqu’en 1979 et baptisé médecin commandant Jean-Louis, du nom du médecin-chef du bataillon français de l’ONU en Corée, mort pour la France à Hongchon le 8 mai 1951 en secourant deux soldats coréens blessés dans un champ de mines. Le portail a été conservé à l’entrée de l’actuel pôle d’excellence Jean-Louis.

 
NECROPOLE DES GUERRES EN INDOCHINE

MEMORIAL D'INDOCHINE
 
Le protocole franco-vietnamien de 1986 rendit possible le rapatriement en France des corps des soldats morts pour la France en indochine. La ville de Fréjus proposa de faire ériger un mémorial sur l’ancien camp Galliéni où avaient séjourné des tirailleurs indochinois pendant la grande guerre. La nécropole nationale des guerres en Indochine fut inaugurée le 16 février 1996.

 
L’OSSUAIRE DE LA LEGUE

 4500 Indochinois et 1500 Africains déclarés morts pour la France et dont les corps reposaient notamment dans le cimetière annamite et le cimetière africain de la Baume ont été transférés à la Nécropole Nationale de Luynes dans les Bouches-du-Rhône (1965-1967) ; les 3500 Africains décédés de maladie furent inhumés à Fréjus, dans la nécropole de la Lègue, en 1987.

 
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