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Commémoration de la bataille de BAZEILLES Toulon, samedi 03 septembre 2016

« Mesdames, Messieurs,

Dans le cadre du 146ème anniversaire de la bataille de Bazeilles, il était pour le moins intéressant de prendre connaissance de l'interview accordée par le journal « Le Matin », en date du 1er Septembre 1910, au dernier survivant sur 43 défenseurs de la maison Bourgerie, le Commandant Gustave Jean Edmond HERRE WYN (1846-1918).

Voici la teneur de l'entretien qui eût lieu entre le journaliste et le Commandant HERRE WYN. »

_.....Lorsque, brusquement, je lui parlai de l'auberge Bourgerie, il eut un tressaillement.

_Ah ! Dit-il d'une voix sourde, quel souvenir évoquez-vous ici !

Pourtant une lueur s'alluma dans ses yeux bleus. Longtemps il demeura pensif. Puis tout à coup, d'un ton bref :

_Vous savez, dit-il, l'histoire de la journée : l'enveloppement de l'armée, la retraite, ou plutôt l'acheminement vers la déroute et la cohue du flot qui dévalait interminablement, hommes, chevaux et canons affolé par la poursuite, talonné par ces masses noires qui grouillaient déjà, là-bas, toutes proches quatre-vingts bouches à feu crachaient leurs boulets.

Les quatre régiments d'infanterie de marine dont je faisais partie se battaient toujours. Comment ? Pourquoi ? On ne savait plus bien. A midi nous étions devant l'église de Bazeilles. Il ne restait plus que des débris de mon régiment. Le commandant LAMBERT venait d'être jeté à terre, la cheville brisée par un éclat d'obus. Il se tenait tout de même debout, accoté à un petit mur.

_Mes enfants ! Cria-t-il tout à coup, allons vers cette maison - il désignait une auberge déserte - il faut nous dévouer...protéger le retraite...

_Je me trouvais auprès de lui avec ce qui restait de mes hommes. Deux d'entre eux prennent le commandant sous les bras. Nous franchissons la petite haie de ronces bordant le chemin.

Nous sommes devant une auberge abandonnée, l'enseigne pendante, la façade posée de biais et « louchant » sur la route. Nous glanons les cartouchières des morts qui nous entourent, et les poches bourrées de munitions, nous entrons.

Le commandant LAMBERT, couché sur une paillasse au long du mur, nous donnait des ordres, d'une voix étrangement calme.

J'étais chargé de défendre le grenier/ Je faisais le possible : à chaque coup de mon chassepot, je voyais un uniforme sombre s'abattre. Je ne sais pas comment je tirais avec tant de précision, car un tumulte terrible nous entourait.

Des flammes s'élevaient partout, des cris de mort, d'agonie, emplissaient la rue. Et chacun de nous semblait trouver une lucidité plus forte à mesure que la mort inéluctable approchait.

Auprès de moi un gamin de vingt ans, aux yeux bleus, tirait avec méthode. Tout à coup j'entendis un cri : « maman ! « Je me retournai un instant. L'enfant était renversé, le poing crispé sur son fusil. Il mourait.

Bientôt nous ne fûmes plus que cinq, debout dans le grenier. Les autres râlaient. Les obus commençaient à tomber sur le toit, à éclater...C'est alors que le capitaine AUBERT vint nous rejoindre. Un homme terrible, ce capitaine AUBERT ! Il tirait là comme à la cible. Derrière une petite haie qui entourait la maison, les cadavres prussiens s'amoncelaient.

Des clameurs montaient vers nous :

_Franzozen ! Rendez-vous ! Rendez-vous !

_Tant qu'on eut des munitions, on n'y songea point. Mais brusquement, moi-même en plongeant la main dans ma cartouchière, je ne trouvai rien.

_Rendez-vous, Franzozen ! Criaient toujours les bavarois. Le commandant alors éleva la voix :

_Mes amis, nous dit-il, vous avez fait tout votre devoir. Vous ne pouvez rien de plus.

Alors voilà qu'un caporal, un vieux boucané de l'infanterie de marine, noir de poudre et les yeux fous, grommela furieusement :

_Nous rendre, commandant ! Et ceux-là, est-ce qu'ils se sont rendus ?

Et il montrait tous nos camarades étendus. Puis, faisant volte-face vers les autres, le fusil menaçant :

_Le premier qui parle de se rendre, je lui brûle la gueule !

Puis il retourna à sa meurtrière. Pourtant la position devenait intenable. Les planchers cédaient, les murs s'effritaient. A nouveau, le commandant LAMBERT prit la parole :

_Combien êtes-vous encore ? On se numérota.

_43...

_43 sur 200 !

_Enfin, tout fut fini. Le commandant LAMBERT se fit descendre par deux soldats. Il ouvrit la porte, et devant la foule innombrable des Bavarois, un instant immobilisés de stupeur et de respect, il leva son sabre renversé. Nous étions tranquilles. On allait nous fusiller proprement. En effet, une ruée furieuse déferla sur nous. Des baïonnettes se croisaient déjà sur nos poitrines, lorsqu'une sorte de géant, dont la poitrine se couvrait de décorations, se précipita entre nous et les soldats prussiens. Il étendit les bras... Ses hommes reculèrent. Alors, lentement, il s'avança vers le commandant LAMBERT et les deux hommes qui l'accompagnaient, et l'arme au fourreau, avec un large geste, il leur donna l'accolade...C'était le capitaine Bavarois LISSIGNOLO.

_Messieurs les Français ! Cria-t-il, bravo ! Je vous salue.

_Près de lui, le capitaine AUBERT, le farouche tireur, pleurait.

_Monsieur, lui dit l'officier Allemand, les héros ne doivent pas pleurer. Votre honneur est sauf. Je viens de demander au général en chef, au Prince FREDERICK, l'autorisation de vous laisser vos armes. Pourtant, vous nous avez fait bien du mal.

_Une heure après, nos sabres aux côtés, nos fusils sur l'épaule, nous défilions sur le front de l'armée allemande qui nous présentait les armes ! Les cuirassiers blancs se tenaient immobiles, sabre haut, raidis dans leurs armures bosselées de balles françaises. C'était beau ! Ah ! C'était beau !

Le vieux soldat demeura un instant l'esprit perdu dans sa rêverie héroïque. Lorsqu'il me regarda, je détournai la tête un peu pour qu'il ne vit pas que mes paupières étaient rougies.

Le commandant Gustave HERRE WYN fut fait prisonnier en Allemagne d'où il s'évada. Il combattit glorieusement à Bapaume en 1871, sous les ordres du général FAIDHERBE, puis plus tard au Tonkin et à Formose avec l'amiral COURBET .

Le journal « Le moniteur viennois « du 26 septembre 1914, relate qu'à 68 ans, le commandant HERRE WYN a demandé à son ami, le général GALLIENI, qui le lui a accordé, le commandement d'un bataillon sur la ligne de feu.

En tant qu'ancien appelé des 4ème et 1er RIMa, je suis particulièrement ému et fier d'avoir en ce jour de commémoration, ravivé la mémoire de ce Héros véritable qu'était......mon arrière grand-père maternel.

Mesdames, Messieurs, merci de m'avoir prêté attention. Et au nom de Dieu ! Vive la coloniale!

Alain SCHLOESING

Toulon, le 03 Septembre 2016.

SELECTION D'ARTICLES PUBLIÉS PAR L'ASSOCIATION

 

Les Troupes de La Marine - 1870 - Bazeilles par ceux qui l'ont fait

par le capitaine (TA) Benoit BODART 

Le 2e RPIMa dans l'opération Azalée (28 septembre - 05 octobre 1995)

Article paru dans la revue de l'Amicale des Anciens du 2

Histoire abrégée des opérations de la CPIMa au Tchad 1969-1972

D’après un article initialement rédigé par Didier Philippi avec l’aide de l’Amicale des Eléphants Noirs

Indochine Algérie, la fin d'un Empire

Hors-série Paris Match n°4

Monarchie de Juillet - Artillerie de la Marine - 1831-1845

par le MGI (2S) MORILLON

 1914-1918 Afrique la "petite" guerre en marge de la Grande

par Julien Colliat (source Hérodote.net)

 

Les bigors au Dahomey 1890-92

par le MGI (2S) MORILLON

Parachutiste en tenue « Léopard », Indochine Algérie

par le MGI (2S) MORILLON

1er Bataillon de Tirailleurs Somalis - l'itinéraire de la gloire

par le capitaine Christophe IMBERT

Le général Mangin dans le tournant de la guerre

par le lcl ROUDIER

Chasseurs coloniaux et chasseurs de la Réunion 1803-1810

par le MGI (2S) MORILLON

Bataillon de Corée

par le MGI (2S) MORILLON

BAZEILLES

par le MGI (2S) MORILLON

Régiment la Marine

par le MGI (2S) MORILLON

RICM

par le MGI (2S) MORILLON

Les uniformes des marsouins de la Grande guerre

par le MGI (2S) MORILLON

14-18 - Les Tirailleurs Sénégalais

par le capitaine BODART

14-18 - Les Tirailleurs Somalis

par le capitaine BODART

Culture d'arme : une nouvelle thèse sur les troupes coloniales

par le capitaine BODART

Les chameaux et la logistique du commandant Lamy

Avant l'avènement de l'automobile les chameaux étaient le seul moyen de déplacement dans les régions désertiques. Discret, sobre, rustique, utilisant des cheminements interdits à la roue, il est associé à l'histoire de nos illustres sahariens comme Laperrine ou Théodore Monod. Impossible, encore aujourd'hui, d'aborder la connaissance du milieu désertique sans lui accorder la place qu'il mérite. 

C'est ce qu'ont bien compris nos marsouins notamment ceux de Djibouti qui liront avec intérêt cet article écrit par un de nos adhérents, paru dans le bulletin : "LES SAHARIENS (la rahla, amicale des Sahariens).

Le docteur Jules EMILY, médecin de la Mission Marchand

Képis noirs et bérets rouges - Sahara - 1957

 
Entre janvier et avril 1987, les "Combattants" des Forces Armées du Tchad ont réussi à bouter hors du nord de leur pays une armée blindée mécanisée libyenne, conseillée par des Officiers du Pacte de Varsovie, qui occupait le BET (Borkou, Ennedi, Tibesti) depuis plusieurs années. Acteur de cette victoire Tchadienne, le général (2S) Maurice ACCARY, ex Chef de Corps du 21e RIMa, chargé de mission du Chef d'Etat-Major des Armées auprès du président Hissen HABRE.
 
 
Origine de l'ancre du port de Saint-Raphaël par le Lt-colonel Jean-Claude BERTHELOT
  
par le Docteur Pierre AUBRY
 
Héros obscurs (archives CHETOM)
 
 
Sculptures en bronze de Charles ANFRIE par le Commandant Philippe ROUDIER
 
 
L'exploration de l'Afrique par les fleuves par le Lt-colonel Bruno CHAVERNAC
 

L’AAMTDM , PILIER DU MUSEE DES TROUPES DE MARINE

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D’après ses statuts, l’Association des Amis du Musée des Troupes de Marine a été créée en novembre 1979 afin d’apporter son concours au Ministère de la Défense et contribuer à la conservation, au développement, à la mise en valeur et au rayonnement du patrimoine culturel et artistique constitué par l’ensemble des collections qui y sont présentées et faire connaître au grand public les vertus militaires dont ces troupes ont fait preuve. Elle a également joué un rôle majeur dans les deux premières opérations d’extension de notre Musée, et elle prend une part très active au projet de 3ème extension qui sera mise en chantier dans les mois à venir. [Un lien hypertexte intégré à la page d'accueil de ce site permet à nos visiteurs de prendre connaissance des détails du projet et de participer financièrement à sa réalisation.]

A l’image de notre Arme, elle constitue une association très dynamique dont les membres cotisent soit directement, soit plus généralement en adhérant à la carte du Marsouin-Bigor mise en place par la FNAOM. La double origine de son recrutement constitue une particularité qui provient du fait que de nombreux civils et anciens militaires n’appartenant pas aux Troupes de Marine, résidant dans la région de Fréjus et Saint-Raphaël, ont été séduits par les conférences et les opérations de rayonnement que nous menons, et sont devenus, avec le temps, de fidèles amis et soutiens du Musée.

Ses ressources annuelles proviennent des cotisations des membres de l’association, des subventions de l’Etat et des collectivités locales, des dons de particuliers, d’unités d’active, d’associations ou d’entreprises.

Grâce à ses ressources, elle finance pour le compte du Musée l’achat de pièces de collection, d’uniformes, d’équipements, d’armes et de documents rares permettant d’enrichir, de remettre en état, d’améliorer ou d’entretenir les collections du Musée. Tous ces achats deviennent propriété de la Défense. En outre, elle participe pour une part assez modeste aux frais de fonctionnement courant du musée, notamment en y détachant un personnel administratif, seul salarié de l'AAMTDM.

L'association intervient également dans l’acquisition ou la réalisation d’aménagements, de dispositifs audiovisuels ou pédagogiques, propres à améliorer la présentation et l’intérêt des collections et documents du Musée et du Centre d'Histoire et d'Etudes des Troupes d'Outre-Mer (CHETOM).

Elle apporte un soutien permanent à ce dernier en animant un comité de lecture qui permet la mise en fiches informatiques de milliers de documents relatifs à l’histoire des Troupes de Marine.

Le fonctionnement de l'association est assuré par un conseil d'administration constitué de bénévoles élus par l'assemblée générale des adhérents. La gestion au quotidien est confiée à un bureau dont les membres sont des volontaires appartenant au conseil d'administration.

Emanation de la grande famille des TDM, d’active ou en retraite, c’est une association fonctionnelle qui a pour mission de veiller au devenir de ce Musée, voulu par nous tous et joyau de notre Arme, afin que se perpétue le souvenir des actes glorieux accomplis par nos anciens et que soient reconnus ceux de nos jeunes d'aujourd'hui.
 
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Photographie de l'association au 31 décembre 2015
 
Nombre d'adhérents :   7.140 membres
Avoir général :   364.173,60
 
Budget prévisionnel pour 2016 :
  • Recettes : 106.400,00 €
  • Dépenses : 64.400,00 €
  • Provision : 42.000,00 €
 
[Nota : les provisions sanctuarisées sont intégralement et exclusivement destinées à financer le projet d'extension et modernisation du musée.]

Membres d’honneur de l’association

 

FONDATEUR

Général (2S) Jean PASCAL (DCD en 2008)

ANCIENS PRESIDENTS

Général (2S) Robert JACQUET-FRANCILLON (DCD en décembre 2012)
Général (2S) Jacques BOUTEILLE
Général (2S) Jean-Claude METAYER
Général (2S) Philippe TRACQUI

ANCIENS VICE-PRESIDENTS

Colonel (er) Ferdinand SCHILD
Colonel (er) Philippe GEOLLOT

TRÉSORIER

Adjudant-chef (H) Gilbert THÉVENOT, en fonction de la création de l'association à janvier 2015

CONSERVATEUR HONORAIRE

Colonel (er) Jean-Marie MASSIP
Commissaire des 8 premiers salons de peinture

ANCIENS ADMINISTRATEURS

Général de corps d'armée (2S) ROUSSEAU-DUMARCET
Médecin Général Inspecteur (2S) Jacques VOELCKEL (DCD en février 2013)
Lieutenant-colonel (H) Michel VERDIER
Chef de bataillon (H) Jacques FLEUROT
Capitaine (H) Yolande LAFOSSE
Capitaine (H) Max LAFOSSE

Sous-catégories

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